Port of Rouen Authority

 
 

Projects : improvement of the Seine river channel

  1. La compatibilité du projet avec le SDAGE, la directive cadre sur l'eau, ...

    Réponse :
    Le projet fera l'objet d'une instruction par les services de l'Etat, qui veilleront à ce que celui-ci, dans ces différentes composantes, soit compatible avec les exigences environnementales formulées dans les documents règlementaires. Au besoin, en fonction des résultats de l'étude d'impact, les effets du projet pourront être atténués ou compensés afin de respecter cette compatibilité.

  2. Quelle gestion, quelle valorisation pour les sédiments extraits lors du projet ?

    Réponse :
    Les sédiments extraits lors du programme d'approfondissement peuvent être, pour la partie en amont de Tancarville et un volume de l'ordre de 3 Mm3, décrits par 3 grandes familles valant chacune sensiblement pour un tiers :
    - les sables grossiers et graviers ; ils trouveront sans difficulté sur le plan de la qualité géotechnique des débouchés dans l'industrie du BTP.
    - les sables fins et tufs calcaires ; d'une qualité géotechnique moindre, ils ne peuvent être utilisés que dans des remblais de grande masse, dans des travaux "peu exigeants"
    - les argiles et les tourbes ne connaissent pas à l'heure actuelle de valorisation "marchande". Par contre, elles peuvent participer à des travaux de réaménagement paysager, au remblaiement de ballastière en particulier.
    L'expérience de remblaiement de la ballastière d'Yville a été validée sur le plan "gestion des matériaux" (hydrogéologie notamment). Des expériences de valorisation des sables ont été réalisées (démontrant le réalisme de la démarche), des contacts ont été établis avec les carriers (via l'UNICEM) et les entreprises de travaux publics (via la Fédération départementale) pour valider ces hypothèses et aboutir, après une consultation publique, à un réseau de solutions permettant la valorisation des sédiments.
    En aval de Tancarville, ce sont de l'ordre de 3 Mm3 de sédiments qui sont à draguer. Ce chiffre est à comparer aux 4 à 5 Mm3 de sédiments pour les dragages d'entretien annuels. Ces sédiments pourront soit être valorisés en tant que remblais de zones d'activité (Parc d'activité Calvados-Honfleur par exemple), soit relocalisés sur les zones de dépôt autorisées. Cela représenterait au plus l'équivalent de 8 mois de dragage d'entretien supplémentaire. Un permis d'immersion est nécessaire pour cette action.
    La qualité chimique des sédiments est conforme aux règlements, aussi bien en aval de Tancarville vis à vis des seuils de l'arrêté du 14 juin 2000 relatifs aux opérations de dragage et d'immersion en eau "salée", qu'en amont de Tancarville au regard des niveaux de l'arrêté du 9 août 2006 pour l'eau "douce". Les analyses montrent que toutes les teneurs des sédiments sont significativement inférieures aux niveaux cités ci-dessus.
    Une fiche jointe précise les analyses effectuées au regard des référentiels réglementaires. Un appel à partenariat sera lancé pendant le 1 semestre 2008 auprès des carriers et professionnels du BTP, afin de définir les sites et modalités précis de mise à terre et de valorisation des sédiments dragués. La concertation avec les professionnels a été engagée dés le printemps 2007.

  3. Il est dit qu'en respect de la charte du Parc Naturel Régional des Boucles de la Seine Normande (PNRBSN), il ne sera pas ouvert de nouvelles chambres de dépôt ; y aura-t-il des vidages des chambres existantes ?

    Réponse :
    Conformément à l'engagement du PAR, et en respect de la charte du PNRBSN, il ne sera pas ouvert de nouveaux sites de dépôt. Les sites en exploitation et les sites en sommeil à ce jour permettent, dans la stratégie de valorisation des matériaux, de répondre aux besoins des sites de transit des sédiments. (il sera possible de faire appel aux sites sous la responsabilité des carriers par exemple pour optimiser ce dispositif). Les chambres deviennent donc des lieux de transit des sédiments ; mis à terre par les dragueurs, ils seront repris par les entreprises pour être acheminés sur les chantiers. Un grand soin sera apporté au traitement des nuisances potentielles liées aux activités sur ces sites, aux transports engendrés : bruits et poussières feront notamment l'objet d'un examen attentif.
    De plus, le PAR s'engage, à l'issue de ce programme, à une réduction des emprises totales des sites de dépôt, à la restitution de certains sites à des vocations naturelles.

  4. Quid de la stabilité des berges face au dragage, quelles en sont les limites ? (cf. : éboulements connus, étude Bureau de Recherche Géologique et Minière (BRGM) dans les années 1970)

    Réponse :
    Les berges de Seine ont effectivement connu des éboulements, comme Villequier, La Bouille pour ne citer que ces deux là. Ces ruptures de berges ont à chaque fois été le résultat d'une instabilité générale de la berge, rupture généralisée de la berge, depuis son pied en fond de rivière jusqu'en arrière dans les terrains.
    L'étude du BRGM sera examinée, et pourra, si nécessaire, faire l'objet d'une demande d'expertise complémentaire à laquelle il sera donné suite.
    Le programme ne prévoit pas de draguer les pieds de berges. En effet, le chenal de navigation se trouve éloigné de plusieurs dizaines de mètre de la berge, et les dragages ont pour hauteur maximale 1 mètre, en moyenne 40 centimètres : il n'y a donc pas d'interférence sur le plan mécanique entre la stabilité de la berge et les travaux envisagés.

    Vues des points hauts - PDF (115.65 Ko)

    Etude : Glissement de terrain à Villequier (A.Gounon -1969) - PDF (8.61 Mo)

    Etude : Erosion de berge en bordure de la Seine et mouvements de terrain induits, commune de Vieux-Port (L.Arnaud et R.Couêffé - 2004)

  5. Quelles incidences sur les zones connexes ?

    Réponse :
    Les premières études hydrauliques ont été réalisées sur modèle mathématique. Elles montrent que les pleines mers ne seront pas affectées par le projet. Les basses mers seront pour une partie de la rivière marginalement un peu plus basses ; dans le secteur Rouen - Courval, les basses mers baisseraient de quelques centimètres, compris entre 1 et 5 centimètres. Les basses mers ne sont pas affectées à l'estuaire (en aval de Courval), ni en amont de Rouen. Le niveau moyen de la Seine, qui régit les équilibres avec la nappe des alluvions, ne sera au plus affecté que de 2 à 3 cm localement. Notons que le marnage en Seine varie entre 7 m et 3 m de l'estuaire jusqu'à Rouen. En comparaison les variations de ce niveau moyen avec les paramètres océanographiques (débit de la Seine, variations barométrique, vent,..) ont très couramment des amplitudes de 30 à 40 cm- en plus et en moins - et jusqu'à plus d'1 m pour les forts débits. L'incidence du projet est donc négligeable.

  6. Quelles incidences sur les vasières ? Régression ?

    Réponse :
    Les vasières de l'estuaire sont sensibles au débit du fleuve par la position du bouchon vaseux, à la taille du bouchon vaseux lui-même, et aux paramètres océanographiques, dont notamment les niveaux d'eau, les courants et la météo (tempêtes).
    Le projet n'a naturellement pas d'influence sur le débit de la Seine. Son influence sur la position du bouchon vaseux est extrêmement faible (ajout de 2 Mm3 (référence modèle numérique) au volume oscillant, c'est-à-dire le volume d'eau évoluant avec l'hydrodynamique, qui est aujourd'hui de 144 Mm3 au droit d'Honfleur), et aurait tendance à une remontée de ce bouchon (très inférieure à celle liée à Port 2000 qui était évaluée à 1 km). Ceci va dans le bon sens pour le maintien des vases dans l'estuaire.
    Les niveaux d'eau en estuaire ne sont pas du tout affectés par le projet, ni les courants dans la fosse nord. La météo est naturellement indépendante de ces actions. En conséquence, il ne devrait pas y avoir d'impact notable sur les vasières.

  7. Quelles incidences sur la nappe phréatique qui est en communication avec la Seine ? Doit-on craindre un assèchement des zones connexes ?

    Réponse :
    Le lit majeur de la Seine connaît deux nappes : la nappe des alluvions et la nappe de la craie. La nappe des alluvions, superficielle et de qualité médiocre, voit ses niveaux régis par un équilibre de pression avec le fleuve, équilibre régi par le niveau moyen du fleuve et ses variations au cours de l'année. Il n'y a que très peu d'échange entre cette nappe et la Seine. Cette nappe superficielle ne sera donc quasiment pas affectée par le projet. Les équilibres de cette nappe ne seront pas perturbés, et ainsi, les zones connexes non impactées.
    La nappe de la craie, plus profonde et de meilleure qualité, se trouve pouvoir être en contact avec la Seine par le fond du lit mineur. Des travaux du laboratoire de géologie de l'Université de Rouen montrent que cette nappe profonde est en communication avec la Seine, la nappe alimentant la Seine (thèse de M. Fournier de l'Université de Rouen). Les travaux visant à araser les points hauts du chenal n'auront qu'une très faible incidence sur les échanges de la nappe vers la Seine (surface réduite des travaux - 17 %, et peu d'échange au travers de ces points hauts, plutôt via les fosses, qui ne sont pas touchées). En tout état de cause, si les échanges devaient être impactés, ce serait dans le sens d'un accroissement des échanges dans le sens de la nappe vers la Seine et non l'inverse. Il semble que l'incidence soit très mineure. Une expertise est prévue être demandée au groupement d'intérêt public Seine-Aval (GIPSA), qui pourra notamment interpeller à ce sujet le laboratoire de l'Université de Rouen.

  8. Que peut-on dire des fonctionnalités et des connexions hydrauliques pour l'avenir ?

    Réponse :
    Un travail est à mener, en relation étroite avec les réflexions menées par le Conseil Général de Seine Maritime, et en concertation avec le GIPSA, de façon à identifier les sites et les objectifs de chacun d'eux, pour remettre en connexion avec la Seine des zones latérales humides. L'objectif est d'améliorer les fonctionnalités de l'écosystème en développant des zones propices par exemple aux frayères, aux habitats piscicoles. Les premières réflexions ont permis d'identifier des sites (comme d'anciens sites de dépôt, d'anciens trous de Seine par exemple) et d'envisager des expériences sous la conduite du GIPSA.

  9. La qualité chimique des sédiments

    Réponse :
    En estuaire marin, la qualité des sédiments est comparée avec les niveaux "N1" et "N2" de l'arrêté du 14 juin 2000, niveaux proposés par le groupe GEODE dans le cadre de la convention d'OSPAR. La fiche complémentaire sur les sédiments de dragage, jointe, présente les niveaux de teneur en métaux lourds mesurés en estuaire, en indiquant non seulement la valeur moyenne, mais aussi la valeur minimale et la valeur maximale.

  10. Les chiffres de l'emploi et de la valeur ajoutée

    L'emploi

    Une étude des emplois portuaires est effectuée avec l'INSEE depuis de nombreuses années. La dernière mise à jour a été réalisée sur la base des données 2002 et a fait l'objet d'une publication dans la revue de l'INSEE, cahier d'Aval n°70 de janvier 2006.
    La définition des emplois portuaires tient compte de deux caractéristiques marquantes : d'une part la vocation portuaire maritime et les emplois directement liés à cette activité avec des fonctions essentiellement logistiques et d'autre part, la présence d'industries qui ont choisi de s'implanter à proximité du port pour leurs approvisionnements ou leurs exportations.
    L'emploi direct est représenté par les salariés des secteurs de l'entreposage, de la manutention, du port autonome, des autres services portuaires et des activités de transit et consignation.
    L'emploi indirect compte les emplois des activités de l'industrie , du transport terrestre et de la distribution qui ont un lien commercial avec le port.
    Les emplois générés par les quais de la zone d'emploi de Honfleur ne sont pas pris en compte dans cette étude.
    L'emploi indirect compte notamment la chimie avec 3200 salariés, le raffinage avec 2250 emplois et l'industrie du papier carton avec 1400 salariés. Cet emploi industriel se caractérise par la présence de grands établissements. Les activités de transport terrestres représentent environ 2000 emplois.
    Avec le projet, des prévisions d'emplois ont été étudiées de manière très prudente. Elles ont été réalisées à partir de l'estimation du nombre d'emplois en fonction de l'augmentation de trafic et de tonnage générée par le projet.
    Ce sont 500 emplois directs et indirects, cela sans tenir compte des emplois induits et qui se répartissent de la manière suivante :

    180 emplois directs

    320 emplois indirect

    Sans le projet, une perte de 5 millions de tonnes de trafic par rapport au trafic 2005 de 22 millions de tonnes , induirait la déstructuration de filières entières et conduirait à la perte de 700 emplois directs et indirects

    La valeur ajoutée

    La valeur ajoutée portuaire de Rouen a fait l'objet d'une étude confiée à la Banque de France et permet de mesurer la richesse produite par les 700 entreprises et établissements recensés. Elle s'élève à 1,6 milliard euros par an.
    Les établissements recensés proposent des services très variés : pilotes, remorqueurs, lamaneurs, dockers, grutiers, agents maritimes, transitaires, personnels du port autonome. Les activités des différentes entreprises liées directement à l'activité portuaire sont également comptabilisées, il s'agit des logisticiens, groupeurs, transporteurs terrestres. Enfin, il convient de prendre en compte les industries présentes sur le port et qui utilisent les prestations portuaires.
    Cette valeur ajoutée est répartie à 59 % sur la zone du Grand Rouen, 37 % sur Port Jérôme- Radicatel et 4 % sur Honfleur.
    Par ailleurs, la taxe professionnelle générée par les activités portuaires s'élève à 135 Meuros/an, et les investissements privés sont de l'ordre de 250 à 300 Meuros/an.
    Les retombées économiques du développement des trafics portuaires permis par le projet d'amélioration des accès maritimes seraient de +290 Meuros (soit +17%) de valeur ajoutée, passant à 1950 Meuros, et une augmentation de la taxe professionnelle générée sensiblement dans les mêmes proportions, à +15Meuros (+11%).

    L'avantage environnemental du port de Rouen

    Enfin, l'avantage environnemental du port de Rouen, de par sa position de port de fond d'estuaire permettant d'acheminer le navire au plus près des centres de consommation et de production, réduisant la part modale des autres modes de transport moins respectueux de l'environnement, a été évaluée à l'aide du projet européen " REALISE ".
    La monétarisation des moindres émissions de gaz à effet de serre, de la moindre congestion routière et de la moindre accidentologie a ainsi été évaluée à 24 Meuros/an.
    Les tonnages en jeu dans le projet d'amélioration des accès maritimes (27 millions de tonnes avec le projet, 17 millions de tonnes sans le projet), représentent un avantage environnemental potentiel supplémentaire de 11 Meuros/an

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